Lettre d'actualités EEE outre-mer - Novembre 2018
 
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 Actualités outre-mer
 

CHANTIER DE LUTTE CONTRE LE MICONIA EN MARTINIQUE


Du 15 au 23 octobre 2018, les équipes de l’ONF Martinique ont effectué un chantier de lutte contre Miconia calvescens sur la commune d’Ajoupa-Bouillon. Ces travaux se sont déroulés en présence de représentants de la DEAL qui a subventionné cette opération dans le cadre de la lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
 
L'extension du Miconia fut détectée pour la première fois dans le milieu naturel en octobre 2017. Les travaux menés pendant plus d’une semaine sur le site ont mobilisé une équipe de neuf ouvriers forestiers, ainsi qu’un écologue. Ils ont effectué le nettoyage d’une superficie supérieure à 6 hectares. Les surfaces traitées ont permis l’abattage et l'arrachage de plusieurs centaines de pieds. Il n’y a pas eu d’utilisation de biocide et tous les individus ont été déracinés. Les individus coupés et arrachés ont été brûlés sur place, de même que leur système racinaire.

Les plantules collectées laissent à penser que les opérations devront perdurer du fait de la longévité de la banque de graines du sol.
 

Contact :
Manon Lasalle et Clarisse Courty (DEAL Martinique)
César Delnatte (ONF Martinique)
Guillaume Viscardi (Conservatoire botanique de Martinique)
 
 

LA FLORE ENVAHISSANTE DES ZONES HUMIDES DE GUADELOUPE


En février 2018, en partenariat avec la DEAL de la Guadeloupe, la Société d’Histoire Naturelle l’Herminier a mené une nouvelle campagne de prospections et d’inventaires sur la flore envahissante des zones humides de la Basse-Terre, de la Grande-Terre et de Marie-Galante. Près de 500 sites ont été visités. Douze espèces se sont révélées notoirement ou potentiellement envahissantes des milieux lentiques et lotiques de ces territoires.

Parmi les espèces les plus préoccupantes en termes de perturbations causées aux écosystèmes et à l’activité économique, nous avons identifiés quatre espèces: la Jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes), la Laitue d’eau (Pistia stratiotes), le Roseau de Saint-Domingue (Typha domingensis) et l’Amourette-rivière (Mimosa pigra).

Au rang des espèces potentiellement envahissantes, connues à la Guadeloupe avant l'inventaire mais dont l’aire de répartition s’y est étendue, figurent l’Herbe-alligator (Alternanthera philoxeroides), la Salvinie géante (Salvinia molesta) et le Tournesol mexicain (Tithonia diversifolia).

Enfin, trois nouveaux taxons admis au rang des espèces exotiques envahissantes ont été découverts : la Lentille d’eau ponctuée (Landoltia punctata), la Petite salvinie (Salvinia minima) et la Sagittaire d’Argentine (Sagittaria montevidensis).
 

Contact :
Franck Maddi (SHNLH)
 
 

ELIMINATION DES DERNIERS PIEDS D'HERBE DE LA PAMPA DES REMPARTS DE LA RIVIERE DU MAT A LA REUNION


Dans le cadre du Plan régional de lutte contre l’Herbe de la Pampa (Cortaderia selloana), l’élimination des derniers pieds présents sur les remparts de la Rivière du Mât a été finalisée avec succès par une entreprise spécialisée dans le travail encordé. Une nouvelle intervention sur corde a été subventionnée par la DEAL de La Réunion pour traiter ces individus inacessibles aux ouvriers de l’ONF dans le secteur de Grand Sable, dans le cirque de Salazie.

Les équipes du Life+ Pétrels et de l’ONF ont conclus à l’importance d’agir contre les plantes exotiques envahissantes, comme la Liane papillon (Hiptage bengalensis) qui menacent à terme d’envahir les terriers des pétrels, et notamment ceux du Pétrel noir de Bourbon.

 

SEMINAIRE REGIONAL SUR LES INVASIONS BIOLOGIQUES ET LA RESTAURATION ECOLOGIQUE DANS LES ILES DE L'OCEAN INDIEN


Dans le cadre du projet européen BEST 2.0 "Dynamique et Conservation de l’île Tromelin (DyCIT)", un séminaire régional sur les invasions biologiques et la restauration écologique dans les milieux insulaires de l’océan Indien occidental a été organisé à l’Université de La Réunion du 29 au 31 octobre 2018.
 
Le projet DyCIT avait pour objectif d’étudier la dynamique des communautés d’oiseaux marins de l’île Tromelin et de la végétation, 13 ans après la dératisation de l’île. De nombreux résultats ont été obtenus sur la reconstruction démographique des populations d’oiseaux marins, la recolonisation de plusieurs espèces, la dynamique et la structure de la végétation indigène et les invasions biologiques encore présentes (notamment les souris et plusieurs espèces végétales).

L’objectif du séminaire était de présenter ces résultats, mais aussi les méthodologies utilisées, les perspectives et les leçons à retenir de cette expérience unique de restauration écologique d’un milieu insulaire tropical. Une autre partie du séminaire a été consacrée à présenter des expériences analogues menées à La Réunion (notamment via les programmes européens LIFE+ Pétrels et Forêt sèche) et dans plusieurs îles de l’océan Indien (Îles Éparses, Maurice, Mayotte, Madagascar), permettant de créer des liens entre ces programmes, de favoriser les échanges et de faire émerger des projets collaboratifs locaux ou régionaux

 
 

LE RAT NOIR ABSENT DE L'ILE DE RAPA


Du 24 mars au 12 avril 2018, l’île de Rapa a fait l’objet d’une mission scientifique visant à mieux connaitre 9 de ses îlots, réputés pour leurs colonies d’oiseaux de mer avec 13 espèces présentes, dont 2 endémiques de l’île de Rapa. 

Cette mission préliminaire a permis de confirmer l’importance de Rapa et ses îlots en termes de biodiversité pour la Polynésie française. Rappelons qu’en plus de ses importantes colonies d’oiseaux, l’île héberge le seul ptilope des Australes, le Ptilope de Hutton (Koko) ainsi qu’une soixantaine de plantes endémiques de l’île.

Concernant les rongeurs, le grand nombre de piégeages sur les îlots n’a pas permis de révéler la présence du Rat noir (Rattus rattus), grand prédateur d’œufs et d’oisillons. Seul le Rat polynésien (Rattus  exulans), dont l’impact est de moindre importance, a été capturé. Ce résultat expliquerait en partie pourquoi les îlots de Rapa hébergent de si grandes colonies d’oiseaux de mer.

Cette information classerait l’île parmi les 3 îles habitées encore indemnes de Rat noir. Pour que ce hot spot de Polynésie reste un paradis pour les oiseaux, la SOP Manu (société d'ornithologie de Polynésie) travaille en partenariat avec la commune et l’association locale Raumatariki à la mise en place de mesures de biosécurité visant à empêcher l’arrivée de rats lors du transport de marchandises. 

 
 

LA FRB RECOMPENSE UNE THESE SUR LES CHATS HARETS EN NOUVELLE-CALEDONIE 


Le 26 septembre, le Conseil d’orientation stratégique de la FRB a récompensé neuf jeunes chercheuses et chercheurs dont les travaux sur la biodiversité ont contribué à l’amélioration des connaissances et ont essayé d’apporter des réponses aux grands enjeux sociétaux.
 
Le Comité français de l’UICN, pour qui l’outre-mer est une priorité géographique de son action, a soutenu le prix dans la catégorie « outre-mer », avec la LPO et le programme Science & enseignement EDF – Institut de France – Académie des sciences.

Le prix dans cette catégorie a été décerné à Pauline Palmas pour ces travaux de thèse sur l’écologie et les impacts des chats harets en Nouvelle-Calédonie.

Les chats harets, chats domestiques revenus à l’état sauvage, figurent parmi les prédateurs introduits et envahissants les plus catastrophiques pour les écosystèmes insulaires. Leur rôle dans l’érosion de la biodiversité dans les îles ne cesse de se confirmer études après études. Pour autant, leur écologie et la quantification de leurs impacts ont été très peu étudiés en Nouvelle-Calédonie, hot-spot mondial de biodiversité, rendant difficile l’élaboration de mesures de gestion.
 
 
Contact :
 
 

LANCEMENT DU PROGRAMME LIFE BIODIV' OM 

 
Le programme Life BIODIV'OM a pour objectif le développement et la mise en oeuvre de méthodes innovantes, efficaces et durables pour faire face à l'érosion de la biodiversité en Guyane française, en Martinique, à Mayotte, à La Réunion et à Saint-Martin.

Plus spécifiquement, le projet vise à:
  • Augmenter les populations de cinq espèces d'outre-mer menacées: l'Echenilleur de la Réunion (Coracina newtoni) sur l'île de la Réunion, le Héron de Madagascar (Ardeola idea) à Mayotte, le Mérou goliath de l'Atlantique (Epinephelus itajara) en Guyane française et à Saint-Martin, le Mérou de Nassau (Epinephelus striatus) à Saint-Martin et le Moqueur gorge blanche (Ramphocinclus brachyurus) en Martinique ;
  • Améliorer l'état de conservation d'habitats et de sites importants hébergeant des espèces menacées en contrôlant les EEE et en protégeant les sites.
Concernant plus particulièrement les EEE, les résultats attendus sont :
  • l'augmentation de la population de C. newtoni à 35 couples grâce au contrôle des rats et des actions de translocation ;
  • le contrôle des prédateurs introduits sur un site pour C. newtoni (couvrant 300 ha) et sur trois sites pour A. idea (près de 50 ha) ;
  • l'organisation à La Réunion et en Martinique de patrouilles de volontaires pour assurer le contrôler les rats et réduire le coût du contrôle ;
  • l'éradication d'Acacia mangium sur 50-70% des savanes de Guyane française (environ 13 000-18 000 ha), dont 100%¨des savanes protégées. 
  • le développement d'une méthode d'éradication du Melaleuca quinquenervia.
Le programme est coordonné par la LPO. Les partenaires en outre-mer sont la Réserve naturelle nationale de Saint-Martin, le Groupe d'étude et de protection des oiseaux en Guyane, le  Groupe d'études et de protection des oiseaux de Mayotte, le Parc naturel régional de la Martinique, Le Parc national de La Réunion et la Société d'études ornithologiques de La Réunion.

 
 

L'IPBES RECHERCHE DES EXPERTS POUR L'EVALUATION MONDIALE DES ESPECES EXOTIQUES ENVAHISSANTES

 
La plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) recherche des experts pour l’évaluation des espèces exotiques envahissantes qui débutera en 2019 !

L’objectif  est d’évaluer la grande diversité de ces espèces qui influent sur la biodiversité et les services écosystémiques ; l’étendue de la menace que posent ces espèces pour les diverses composantes de la biodiversité et des services écosystémiques, y compris les répercussions sur l’agrobiodiversité, la sécurité alimentaire et sanitaire et la préservation des moyens de subsistance ; les principaux moteurs et voies d’introduction et de propagation de ces espèces, d’un pays à l’autre et à l’intérieur des pays ; l’état et les tendances à l’échelle mondiale des impacts du phénomène ainsi que des mesures de gestion prises par région et sous-région, compte tenu de divers systèmes de connaissances et de valeurs ; le degré de sensibilisation à l’étendue du problème des espèces exotiques envahissantes et de leurs répercussions ; et l’efficacité des mesures actuellement prises en matière de contrôle à l’échelle internationale, nationale et infranationale et des options politiques associées qui pourraient être adoptées pour prévenir, éradiquer et contrôler la propagation des espèces exotiques envahissantes. L’accent devra être mis sur les réponses possibles.

 
 
 Publications, rapports et lettres d'informations
 

Publications et rapports
 
Augros, S. (2018). Détection en milieu naturel d’une nouvelle liane à fort potentiel invasif pour l'île de La Réunion: Entada rheedii Spreng (Fabales: Fabaceae). Cahiers scientifiques de l'océan Indien occidental, 9. Lien
 
Thibault, M., Masse, F., Pujapujane, A., Lannuzel, G., Bordez, L., Potter, M. A.,  Fogliani, B.,  Vidal, E., & Brescia, F. (2018). “Liaisons dangereuses”: The invasive red‐vented bulbul (Pycnonotus cafer), a disperser of exotic plant species in New Caledonia. Ecology and evolution. Lien
 
Justine, J. L., Lemarcis, T., Gerlach, J., & Winsor, L. (2018). First report of the land planarian Endeavouria septemlineata (Hyman, 1939)(Platyhelminthes, Tricladida, Continenticola, Geoplanidae) in French Polynesia. Zootaxa, 4450(2), 297-300. Lien
 
 
Lettres d'information
 
 
Au sommaire :
– un atelier sur le contrôle aux frontières des espèces exotiques envahissantes à Madagascar,
– la lutte contre l’herbe de la Pampa sur les remparts,
– l’appel à mobilisation de la population réunionnaise,
– le bilan du dernier Plan Opérationnel de Lutte contre les Invasives (POLI).
 
 
Au sommaire :
– Élimination du Crapaud buffle sur l’îlot de Kamaka (Gambier),
– Réintroduction des petits escargots Areho sur l’île de Tahiti,
– Absence de rats noirs sur l’île de Rapa (Australes).
 
 
Au sommaire sur les EEE :
– Diffusion de la synthèse de la stratégie pays contre les espèces invasives,
– Bilan de la cellule de veille pour le premier semestre 2018,
– Découverte d’un python réticulé,
– Appel à vigilance sur les lapins ensauvagés,
– Soutenance d’une thèse sur le Bulbul à ventre rouge.

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