Lettre d'actualités EEE outre-mer - avril 2018
 
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 Actualités outre-mer
 
 

ENJEUX ET RISQUES DE LA VALORISATION SOCIO-ECONOMIQUE DES ESPECES EXOTIQUES ENVAHISSANTES


Le Comité français de l’UICN publie une étude sur les enjeux et les risques de la valorisation socio-économique des espèces exotiques envahissantes établies dans les milieux naturels. 

Les espèces exotiques envahissantes sont à l’origine d’impacts multiples à la fois écologiques, économiques et sanitaires. Ces espèces représentent des sources importantes de difficultés pour les acteurs des territoires qui y sont confrontés : rythme d’introduction croissant, régulation constante et complexe à mettre en œuvre, dépenses publiques associées importantes. Dans certaines situations où elles sont déjà largement établies en milieux naturels, et face aux difficultés de gestion, elles peuvent parfois être envisagées comme des ressources commercialement exploitables : pêche, production de bois, extraction de composés pour l’industrie pharmaceutique, etc.

Cette démarche de valorisation socio-économique n’est cependant pas sans risques pour les milieux naturels et soulève de nombreuses interrogations sur ses incidences possibles. Parmi ces questions figurent l’accroissement des risques de dispersion des espèces valorisées ou encore le maintien volontaire des populations de ces espèces dans les sites colonisés lorsqu’elles deviennent un enjeu économique.

Conduite dans le cadre du groupe de travail national « Invasions biologiques en milieux aquatiques », coordonné par le Comité français de l’UICN et l’Agence française pour la biodiversité, l’étude montre, à partir de nombreux exemples issus du monde entier, que l’exploitation économique des espèces exotiques envahissantes ne constitue pas la solution miracle aux difficultés de gestion. Alors que des projets de valorisation de ces espèces émergent régulièrement en France, le rapport propose des points de vigilance et un cadre général de réflexion afin d’accompagner toute structure qui serait amenée à émettre un avis sur de tels projets, notamment les services de l’État et des collectivités territoriales.

 
 

PUBLICATION DES PREMIERS ARRETES MINISTERIELS ULTRA-MARINS SUR LES ESPECES EXOTIQUES ENVAHISSANTES


Les six premiers arrêtés ministériels relatifs à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes pour les départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion ont été publiés en février 2018. Ils interdisent les introductions d'espèces non indigènes dans le milieu naturel. D'autres arrêtes interdisant différents usages (importation, vente, détention, transport, etc.) pour certaines espèces viendront les compléter.
 
Des arrêtes similaires sont en cours d'élaboration pour la Guyane et Mayotte. 

Consulter les arrêtés :

 
 

IMPACTS DU CHAT HARET EN NOUVELLE-CALEDONIE


Le Chat haret est l’un des prédateurs invasifs les plus dommageables pour la biodiversité insulaire. Sa présence est associée à une perte de biodiversité sur l’ensemble des îles sur lesquelles il est établi, et où il constitue une menace pour de nombreuses espèces de vertébrés souvent endémiques et menacés.

En Nouvelle-Calédonie, des populations de chats harets sont présentes dans tous les milieux et habitats et l’étude de son écologie et de ses impacts sur la faune ont fait l’objet d'un travail de thèse.

L’analyse du régime alimentaire sur 14 sites d’études représentatifs des 4 habitats majeurs a révélé un régime très diversifié et une forte prédation sur les vertébrés natifs et notamment sur le groupe des scinques, des roussettes et des pétrels. Parmi les 44 espèces de vertébrés retrouvées dans le régime alimentaire de ce prédateur invasif, la plupart sont endémiques et 20 sont listées comme menacées sur la liste rouge mondiale de l’UICN. 

 
 

IMPACTS DU BULBUL A VENTRE ROUGE EN NOUVELLE-CALEDONIE

 
Le Bulbul à ventre rouge (Pycnonotus cafer) étend son aire de répartition en Nouvelle-Calédonie. Des recommandations décisives sur les stratégies de gestion sont nécessaires de toute urgence pour informer les gestionnaires locaux et les décideurs, mais elles doivent être fondées sur des preuves quantitatives locales.
 
Les résultats d'une récente étude révèlent une relation négative entre l'occurrence du Bulbul et l'abondance moyenne de neuf espèces, toutes natives de l'archipel calédonien. En revanche, l'abondance d'autres espèces introduites telles que Acridotheres tristis (Martin triste), Passer domesticus (Moineau domestique) et Spilopelia chinensis n'a pas été affectée par le Bulbul. Les tendances temporelles de l'abondance des espèces touchées suggèrent que le Bulbul à ventre rouge peut causer des contractions de niche des espèces indigènes dans les habitats modifiés par l'homme.
 
Thibault, M., Vidal, E., Potter, M. A., Sanchez, T., & Brescia, F. (2018). The invasive Red-vented bulbul (Pycnonotus cafer) outcompetes native birds in a tropical biodiversity hotspot.PloS one 13(2), e0192249. Lien
 
 

POLYNESIE FRANÇAISE  : CERTIFICATION "ENTREPRISE PROTEGEANT LA BIODIVERSITE" 

 
Cinq sociétés de Tahiti se sont engagées dans un processus de certification visant à limiter la présence d'espèces envahissantes dans le cadre de leur travail quotidien.

Actuellement, 52 espèces animales et végétales introduites sont classées selon le code de l'environnement en tant qu'espèces menaçant la biodiversité de Polynésie française tel que le tristement célèbre miconia ou la petite fourmi de feu.

Ces espèces ne sont toutefois pas présentes dans toutes les îles polynésiennes et les efforts sont nombreux afin d'informer et sensibiliser la population pour empêcher leur propagation vers des îles encore indemnes. Ainsi en 2017, au-delà des dispositifs de contrôles existants, de la communication réalisée pour limiter les transports volontaires ou non de la part de la population, le Ministère en charge de l'environnement a souhaité mettre en place un dispositif de certification. Il s'agit d'agir sur les éventuels transports accidentels, en encourageant la mise en place de procédures de gestion d'espèces présentes sur des sites de production et de stockage à Tahiti par des entreprises locales qui expédient des marchandises dans les îles.
 
 
 

QUELS IMPACTS DU RATON LAVEUR SUR LES CULTURES AGRICOLES GUADELOUPEENNES? 


Une enquête auprès d'agriculteurs a été réalisée en 2017 afin de définir plus précisément les impacts du Raton laveur sur les cultures agricoles guadeloupéennes. Ce travail a permis de mieux évaluer l’importance des dégâts causés par l’espèce, leur répartition et leurs caractéristiques. Sur 187 producteurs de 23 communes de Guadeloupe, 40 % ont déclaré avoir déjà subi de tels dégâts. Les zones touchées sont réparties sur toute l’île et la gamme des productions concernées est très large. Les chiffres obtenus démontrent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal mais que beaucoup d’exploitations sont concernées et que pour certaines, l’importance des dégâts peut parfois atteindre des seuils critiques
 
 
Gourdol, A. (2017). Etude sur les dégâts agricoles du Raton laveur en Guadeloupe. Rapport de stage de césure, Ecole nationale supérieure d’agronomie de Montpellier, ONCFS. 76 p. Lien
 
 
 
 Publications, rapports et lettres d'informations
 

Publications

 

Gasc, A., Anso, J., Sueur, J., Jourdan, H., & Desutter-Grandcolas, L. (2017). Cricket calling communities as an indicator of the invasive ant Wasmannia auropunctata in an insular biodiversity hotspot. Biological Invasions, 1-13Lien
 
Groom, S. V., Stevens, M. I., Ramage, T., & Schwarz, M. P. (2017). Origins and implications of apid bees (Hymentopera: Apidae) in French Polynesia. Entomological Science, 20 (1), 65-75. Lien
 
Jarry, M., Beall, E., Davaine, P., Guéraud, F., Gaudin, P., Aymes, J. C., Labonne, J., & Vignon, M. (2018). Sea trout (Salmo trutta) growth patterns during early steps of invasion in the Kerguelen Islands. Polar Biology, 1-10. Lien
 
Thibault, M., Vidal, E., Potter, M. A., Sanchez, T., & Brescia, F. (2018). The invasive Red-vented bulbul (Pycnonotus cafer) outcompetes native birds in a tropical biodiversity hotspot.PloS one 13(2), e0192249. Lien
 
ZoBell VM, Furnas BJ. (2017). Impacts of land use and invasive species on native avifauna of Mo’orea, French Polynesia. PeerJ 5:e3761 https://doi.org/10.7717/peerj.3761. Lien
 

 
Lettres d'information

Groupe de travail national IBMA : numéro 22 - mars 2018

Réseau de prévention, de surveillance et de lutte contre les espèces envahissantes de Polynésie française : numéro 16 - dec. 2017
 
CEN Nouvelle-Calédonie : février 2018