Lettre d'actualités EEE outre-mer - Juin 2019
 
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 Actualités outre-mer
 

PLAN OPERATIONNEL DE LUTTE CONTRE LES INVASIVES (POLI) 2019-2022 A LA REUNION

 
Après une année de transistion après le plan 2014-2017, le troisième plan d'action contre les espèces exotiques envahissantes à La Réunion a débuté le 1er janvier 2019. Le bilan du plan précédent a permis de dégager les résultats positifs à retenir (efficacité des captures de chats errants, mise en place du système de détection précoce et réaction rapide, règlementation renforcée sur les plantes) ainsi que les points à améliorer (développer le volet "Faune", améliorer la sensibilisation, mettre en place des formations ciblées).


 

150 ESPECES DE PLANTES INTERDITES D'INTRODUCTION A LA REUNION

 
L'arrêté du 1er avril 2019 relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes liste 150 espèces interdites d'introduction dans le milieu naturel, mais également de transport, vente, échange, utilisation et tout autre activité portant sur des spécimens vivants. En plus des espèces listées dans le règlement européen, telles que la Jacinthe d'eau (Eicchornia crassipes) ou l'Herbe à alligator (Alternanthera philoxeroides), on trouve également l'Herbe de la Pampa (Cortaderia selloana), Acacia mangium ou encore le Robinier (Robinia pseudacacia).
 
 
 

ESPECES PRIORITAIRES A SURVEILLER EN NOUVELLE-CALEDONIE


Afin de renforcer la surveillance et la detection précoce des EEE, une liste d'espèces prioritaires est en cours d'élaboration. Trois ateliers de travail (végétaux, vertébrés et invertébrés) se sont tenus dans les premiers mois de 2019 afin de définir les listes pour chacune des 8 îles-zones du territoire. Les guides issus de ce travail seront édités dans le courant de l'année et seront largement diffusés afin que chaque Calédonien puisse contribuer à la détection et la prévention des invasions biologiques.
 
 

CONTROLE DES PLANTES EXOTIQUES ENVAHISSANTES SUR L'ILE DE RAIATEA


Le plateau de Te Mehani Rahi est reconnu comme une zone clé de la biodiversité en Polynésie française. Il abrite notamment le Tiare 'apetahi (Apetahia raiateensis), symbole de la flore menacée de Polynésie. Un inventaire réalisé en 2009 avait montré l'état très dégradé du plateau, avec une forte disparition de la végétation naturelle en raison de l'envahissement par des plantes exotiques envahissantes et en particulier le Feijoa (Rhodomyrtus tomentosa), le Goyavier de Chine (Psidium cattleyanum) et le cocoplum (Chrysobalanus icaco). 
 
L'association Tuihana, qui mène depuis 2006 des compagnes de contrôle de ces plantes exotiques envahissantes, a pu bénéficier en 2018 d'une petite subvention du programme européen BEST 2.0. afin de renforcer la lutte contre ces espèces végétales.
 
Près de 9 hectares du plateau ont fait l'objet d'arrachage manuel avec au total plus de 5 000 pieds de Feijoa et plus de 2 000 de Goyavier éliminés! Une petite pépinière a également été mise en place afin de produire des plants de Pandanus temehaniensis, un arbre endémique, afin de restaurer les zones dégradées par les arrachages (zones de dessouchage, sentiers créés par le passage régulier, zones de stockage des déchets).
 
Afin de poursuivre la restauration du plateau de Te Mehani, l'association a postulé à l'appel à projets de l'Agence française pour la biodiversité.
 
 

COOPERATION REGIONALE A WALLIS ET FUTUNA DANS LE CADRE DU PROE


Dans le cadre du 11e FED PTOM, Kosi Latu, directeur général du PROE (Programme régional océanien pour l'environnement), a réalisé une visite à Wallis accompagné de spécialistes, avec pour objectif de faire un état des lieux et commencer à fixer des programmes de lutte contre les EEE.
Une convention de partenariat devrait être signée prochainement et permettra le recrutement d'un coordinateur EEE et l'élaboration d'un plan de travail. Parmi les différentes actions envisagées, la priorité sera donnée aux actions de contrôle de la liane (Merremia peltata) et des rats, ainsi qu'à la biosécurité et la sensiblisation du public.
   
 

ZOOM SUR LE PROJET GUAD3E


Développée depuis quelques années, la méthode d'analyse d'ADN environnemental (traces d'ADN présentes dans l'eau ou les sédiments) s'avère facile à mettre en oeuvre et adaptée à la détection des EEE.

Le projet Guad3E a pour but d'étudier l'application de cette méthode qui a fait ses preuves en métropole aux conditions particulières des cours d'eau guadeloupéens : hydromorphologie, exposition aux UV, températures, etc. Une base de référence génétique des espèces de poissons et de crustacés des rivières de Guadeloupe est en cours de constitution. Ces travaux permettrons par exemple de préciser la répartition d'Ancistrus triradiatus, un poisson exotique signalé en 2014 dans la ravine Borine.
 
Ce projet est issu d'un partenariat entre le Parc national de Guadeloupe et le laboratoire SPYGEN. D'une durée de 2 ans, il est financé par des fonds européens (FEDER), l'Office de l'eau de la Guadeloupe et le Parc national de la Guadeloupe.
 
 
 

LE PROGRAMME LIFE BIODIV'OM : LUTTE CONTRE LES EEE DANS LE CADRE DE LA CONSERVATION DES ESPECES ET HABITATS MENACES


Faisant suite au programme LIFE+ CAP DOM pour la protection d'espèces menacées mené en Guyane, à la Réunion et en Martinique de 2010 à 2015, le programme LIFE BIODIV'OM a pour ambition de consolider les liens tissés entre ces trois territoires et de les étendre à deux nouvelles collectivités : Saint-Martin et Mayotte.
 
Cinq espèces animales menacées sont ciblées par ce programme : trois oiseaux (l'Echenilleur de la Réunion, le Crabier blanc et le Moqueur à gorge blanche) et deux poissons (le Mérou géant et le Mérou de Nassau), ainsi qu'un habitat rare : les savanes sèches de Guyane.
 
Les actions de conservation de ces espèces incluent plusieurs opérations de lutte contre les espèces exotiques envahissantes : les prédateurs introduits (chats, rats, mangouste, oppossum) et les espèces végétales introduites dans les savanes de Guyane : (Acacia mangium et le Niaouli).
 
 
 

TROIS BROCHURES SUR LA REGLEMENTATION DES EEE


L'AFB, le MTES et l'ONCFS ont récemment publié trois brochures présentant les obligations relatives à la mise en oeuvre du règlement européen sur les EEE. Elles sont destinées aux particuliers, associations et collectivités ; aux établissement de recherche et de conservation ; aux établissements à vocation commerciale. 

Cette règlementation s'applique aux départements d'outre-mer, à Saint-Martin et à Saint-Pierre et Miquelon.

 
 Actualités du Centre de ressources EEE
 
 

RETOURS D'EXPERIENCES DE GESTION EN OUTRE-MER

 
Depuis 2013, le Centre de ressources EEE (anciennement GT IBMA) rédige des retours d'expériences de gestion d'espèces exotiques envahissantes, faune et flore, dans le but de valoriser l'expérience des gestionnaires et favoriser l'échange d'informations et d'expériences.
En collaboration avec l'Initiative sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer, ces retours d'expériences sont développés dans les collectivités françaises d'outre-mer depuis 2017.
 
Huit opérations de gestion ont déjà fait l'objet d'un retour, et de nouveaux sont en cours de rédaction. Si vous souhaitez partager une expérience de gestion au bénéfice de tous les gestionnaires, contactez Doriane Blottiere.

Ci-dessous la liste des REX disponibles pour l'outre-mer. Retrouvez-les sur le site du Centre de ressources EEE et sur celui de l'Initiative:
 
 

ENQUETE SUR LES BESOINS D'ACCOMPAGNEMENT ET DE FORMATION POUR AMELIORER LA PREVENTION ET LA GESTION DES EEE


Réalisée dans le cadre du Centre de ressources espèces exotiques envahissantes (EEE) entre avril et mai 2019, cette enquête a pour objectif principal d'identifier les besoins d'accompagnement et de formation pour renforcer la prévention et la gestion des EEE. Elle s'adresse à tous les acteurs concernés par les EEE, en France métropolitaine et en outre-mer.

Les réponses en cours d'analyse serviront notamment à la construction d'une offre de formation mieux ciblée et plus pertinente pour les années à venir, en métropole comme dans les outre-mer. Elles permettront également d'identifier des outils et des méthodes d'appui à la gestion des EEE qui pourraient être développés par le Centre de ressources.

 
 
 

COMPTES RENDUS DU RESEAU D'EXPERTISE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE ET DU COMITE D'ORIENTATION DU CDR

 
Instance stratégique de réflexion, le Comité d'orientation du Centre de ressources EEE a pour mission de fournir un avis sur l'action et le développement du Centre de ressources et d'orienter ses activités.
Composé des pilotes du Centre de ressources, de représentants de quelques structures nationales clés et de personnes invitées pour leur expertise et leur expérience reconnue sur les EEE, ce comité s'est réuni pour la première fois le 17 avril 2019 à Vincennes.
 
 
Actualités internationales
 
 

SUCCES DE L'ERADICATION DES PERRUCHES A COLLIER AUX SEYCHELLES

 
La Perruche à collier (Psittacula krameri) est une espèce à fort potentiel invasif. Aux Seychelles, où des populations se sont établies en milieux naturels à partir des années 1990, leur présence représentait une menace pour la biodiversité, en particulier pour un perroquet endémique en danger d'extinction.
 
Un programme d'éradication par tir a été mis en place en 2013. Le dernier individu ayant été abattu en août 2017 et les suivis postérieurs n'ayant permis de détecter aucun indice de présence, l'espèce est à présent considérée comme éradiquée sur le territoire.

 
 

PROJET D'ERADICATION DES RATS SUR LORD HOWE ISLAND (AUSTRALIE)

 
Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'île de Lord Howe, (Mer de Tasman, sud-est de l'Australie) est peuplée de très nombreuses espèces endémiques. Afin de protégrer cette richesse, plusieurs opérations d'éradication des espèces exotiques envahissantes ont déjà été réalisées avec succès :  chats et cochons en 1980, chèvres en 1999 ou plus récemment  Fourmi à grosse tête. Un programme sur 30 ans concernant plus de 60 espèces végétales est également en cours.

Après plus de 15 ans d'études et de préparation, un programme d'éradication des rongeurs (rats et souris) a été lancé en 2019 pour un budget de 10,5 millions d'euros.
 
 
 

RAPPORT DE L'IPBES : LES EEE 5e FACTEUR DE LA DIMINUTION DE LA BIODIVERSITE


La 7e session de l'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) s'est tenue à Paris du 29 avril au 4 mai dernier.
 
Les espèces exotiques envahissantes sont mentionnées comme étant l’un des 5 facteurs directs de changements affectant la nature, avec le changement d’usages des terres et des mers, l’exploitation directe des espèces, le changement climatique et la pollution. Le rapport pointe par exemple une augmentation de 70% du nombre d’espèces exotiques envahissantes depuis 1970 dans plus de 21 pays.

 
 Publications, rapports et lettres d'information
 
Publications et rapports

Quiterie, D., Edouard, B., Martin, T., Sarah, S., Raphaël, G., Mathilde, M., & Eric, V. 2019. Sympatric Invasive Rats Show Different Diets in a Tropical Rainforest of an Island Biodiversity Hotspot. Pacific Science, 73(2), 199-214. Lien.
 
Holmes, N. D., Spatz, D. R., Oppel, S., Tershy, B., Croll, D. A., Keitt, B., ... & Wegmann, A. 2019. Globally important islands where eradicating invasive mammals will benefit highly threatened vertebrates. PloS one, 14(3), e0212128. Lien.
 
Catzeflis, F. 2018. Invasive rodents in French Guiana: an overview for Mus musculus, Rattus norvegicus, and R. rattus (Murinae: Muridae). Boletim da Sociedade Brasileira de Mastozoologia, 81, 1-9.
 
Devaud, M., & Lebouvier, M. 2019. First record of Pantala flavescens (Anisoptera: Libellulidae) from the remote Amsterdam Island, southern Indian Ocean. Polar Biology, 1-6. Lien.
 
IUCN. 2019. Island invasives : scaling up to meet the challenge. Proceedings of the international conference on island invasives 2017. Lien.
Les communications (orales et posters) concernant les outre-mer :
  • J.-Y. Meyer and M. Fourdrigniez. Islander perceptions of invasive alien species: the role of socio-economy and culture in small isolated islands of French Polynesia (South Pacific)
  • R. Griffi ths, S. Cranwell, D. Derand, T. Ghestemme, D. Will, J. Zito, T. Hall, M. Pott and G. Coulston. Multi island, multi invasive species eradication in French Polynesia demonstrates economies of scale
  • M. Libeau, R. Pouteau, R. Taputuarai and J.-Y. Meyer. Predicting the risk of plant invasion on islands: the case of Miconia calvescens in the Marquesas, French Polynesia (South Pacific)
  • P. Palmas, R. Gouyet, T. Ghestemme, A. Matohi, E. Terorohauepa, I. Tauapaohu, C. Blanvillain, J. Zito, D. Beaune and E. Vidal. Response of an open feral cat population to an intensive control programme for improving the critically endangered Fatu Hiva monarch conservation strategy
  • P. Palmas, H. Jourdan, E. Bonnaud, F. Rigault, L. Debar, H. De Méringo, E. Bourguet, R. Adjouhgniope and E. Vidal.Feral cats threaten the outstanding endemic fauna of the New Caledonia biodiversity hotspot: implications for feral cat management strategy
  • M. Thibault, F. Brescia and M. Barbet-Massi.Predicting the distribution of island invader bird species under climate change.
 
FAO. 2019. Guide to the classical biological control of insect pest in planted and natural forests. Lien.
 
Lettres d'information
 
Au sommaire :
- Présentation du POLI 3
- Action de lutte précoce contre le corbeau
- Journée d'échange du GEIR
- Le Centre de ressources sur les EEE s'organise !
- Actualités du Web GEIR
- 150 plantes interdites à la Réunion
- Un nouveau VSC à la DEAL Réunion
 
Au sommaire :
- Signalements de l'escargot africain aux Australes et aux Gambiers
- Eradication des rats de l'îlot Teuaua (Ua Huka)
- Valorisation des EEE
- Restauration de 3 petits bassins versants du plateau Te Mehani rahi

Au sommaire de la partie espèces exotiques envahissantes :
- Un bateau infesté de punaises diaboliques refusées à Nouméa
- Bilan de la cellule de veille pour l'année 2018
- Un Bulbul abattu à Boghen
- Espèces prioritaires à surveiller
- Protéger les espaces naturels contre les cerfs et les cochons
- Lutte biologique contre la Jacinthe d'eau et la Fougère d'eau
- Opérations mâchoires de cerfs et de cochons en 2019
 
 

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