Le 11 février dernier, si le Président est resté très silencieux, et pour cause… Et surtout a fait une opération bien réussie avec l’IA
( l’Intelligence Artificielle) contre l’IA (l’Incontournable Accessibilité). Silence assourdissant du Palais de l’ENlysée.
En effet, les membres du gouvernement, dont le premier ministre en personne, mais également la ministre du handicap Charlotte Parmentier-Lecocq, la ministre de l’éducation nationale, et celle de la santé et d'autres, estiment qu'il faut "accélérer" sur la question de l'accessibilité 20 ans après la loi de 2005…
En conséquence une réunion du Comité interministériel du handicap est prévu le 6 mars 2025, a annoncé, le 11 février dernier, la ministre du Handicap Charlotte Parmentier-Lecocq, estimant qu'il fallait "accélérer" sur la question de l'accessibilité 20 ans après la loi de 2005.
Tiens, tiens… Encore un marronnier. Mais…
Faut-il leur rappeler qu’en septembre 2014 un "coup d’accélérateur" avait déjà été donné ? Apparemment, ils ne sont pas au courant ?
Faut-il leur rappeler qu'entre 2005 et 2024, il y a déjà eu un rappel à la loi, en l'occurrence la loi d'aout 2015 ratifiant l’ordonnance n° 2014-1090 du 26 septembre 2014 mettant en place les agendas d'accessibilité programmée (Ad'Ap) et tous les outils pour que l'accessibilité soit une réalité dans les dix ans, soit 2024 ?
Faut-il leur rappeler que cette ordonnance avait créé un fonds national de l’accessibilité universelle, le FNAU ?
Faut-il leur rappeler qu’en 2018, l’exécutif, en la personne de la secrétaire d’État auprès du Premier ministre en charge des personnes handicapées, a jeté à la poubelle en deux temps trois mouvements ce fameux Fonds National de l’Accessibilité Universelle ?
Faut-il leur rappeler que ce fonds était chargé de participer au financement d’actions et d"accélérer" la mise en accessibilité d’établissements recevant du public dont la situation financière des responsables ne permettait pas la réalisation des travaux obligatoires ?
Faut-il leur rappeler que ce FNAU devait être géré par la CNSA (caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) ?
Faut-il leur rappeler que ce fonds devait être alimenté budgétairement par le produit des sanctions administratives pour les ERP et IOP qui n’auraient pas déposé d’Ad'Ap (agenda d’accessibilité programmée) ou qui n’auraient pas transmis leur bilan de situation intermédiaire ou encore par ceux qui n’auraient strictement rien fait (et ils sont nombreux encore aujourd'hui) ?
Faut-il leur rappeler que l’exécutif n’a jamais voulu mettre en place les sanctions nécessaires pour assurer la réalisation de l’accessibilité universelle telle que prévue en 2005 et rappelée en 2015 ?
Faut-il leur rappeler que l’absence de sanction engendre inéluctablement l’absence de réalisation (le fameux principe du ruissellement d'un certain ...) ?
Faut-il leur rappeler que, du coup, il n'y a pas eu d'"accélération" ? Car il semble qu’ils n’aient rien vu !
Faut-il leur rappeler que pour accélérer… il faut du carburant… Et que le carburant, ça a un coût… Mais aujourd’hui, les caisses sont vides… Et tout cela, la faute à qui, je vous le demande ? Suivez mon regard...
Faut-il leur rappeler que la Convention des Nations Unies dispose que les personnes handicapées ont les mêmes droits que toute autre personne ?
Faut-il leur rappeler que cette convention signée en 2007, il y a 18 ans, est entrée en vigueur dans l'UE le 22 janvier 2011 il y a 14 ans, vous avez bien lu : quatorze ans !
Faut-il leur rappeler que tous les pays de l'UE l'ont signée, ratifiée et respectée… Sauf la France qui l'a bien signée, mais ne l'a pas respectée du tout ! Adieu l'"accélération".
Faut-il leur rappeler qu'en 2023, pour la septième année consécutive, le monde du handicap est la minorité la plus discriminée en France, pays des droits de l'homme, et que vraisemblablement, il en sera de même pour l'année 2024 ?
Faut-il leur rappeler que la France a été maintes fois condamnée pour son inaction en faveur des personnes handicapées ?
Faut-il leur rappeler qu'en 2023 l'exécutif a eu une brillante idée (encore une) pour créer des sous-préfets référents Handicap accessibilité dans tous les départements, certainement pour "accélérer", et qu'à ce jour, c'est un fiasco (un de plus)?
Faut-il leur rappeler qu'en 2023, ils ont créé le Fonds Territorial pour l'Accessibilité ?
Faut-il leur rappeler que depuis 2014, soit il y a dix ans, l'exécutif a mis en place des ambassadeurs de l'accessibilité pour "accélérer" la mise en accessibilité et qu'à chaque fois, cette opération n'a pas été à la hauteur des espérances attendues ?
Faut-il leur rappeler que depuis 1975, il y a eu 5 lois en faveur de l'accessibilité universelle, lois jamais respectées ?
Faut-il leur rappeler que, que ce soit le président de la République ou la ministre Parmentier ou les délégués ministériels ou interministériels pour l’accessibilité ou autres hauts fonctionnaires, la plupart n’étaient pas nés ou en âge d'agir et donc d"accélérer"!
Alors que beaucoup d’entre nous, OUI !
Faut-il leur rappeler que nous, on sait de quoi on parle… parce qu'on le vit au quotidien, pas eux !
Alors ne cherchez pas d’erreur, ils ont tous une mémoire de gastéropode (1).
Et à ce rythme-là, on n'est pas prêts d'"accélérer" !
Vous en avez marre de notre anaphore ? OK on arrête là !
N’est-ce pas, Monsieur le Président de la République, vous, le soit-disant chantre d'une « république exemplaire » (2) ?
Rendez-vous au jeudi 6 mars 2025 pour "accélérer".
NB :
(1) L'expression "mémoire de gastéropode" est une métaphore humoristique utilisée pour décrire une mémoire très courte ou défaillante.
Les gastéropodes, qui incluent les escargots et les limaces, sont souvent perçus comme ayant une capacité de mémoire très limitée. Ainsi, dire que quelqu'un a une "mémoire de gastéropode"
signifie qu'il oublie rapidement les informations ou les événements.
(2) Le "chantre d'une république exemplaire" est une personne qui loue, défend et promeut les valeurs et les principes d'une république idéale. Ce terme peut désigner un individu qui, par ses discours, ses écrits ou ses actions, s'efforce de mettre en avant les vertus d'un système républicain fondé sur la justice, l'égalité, la liberté et la participation citoyenne, bref, la société inclusive.