Mars 2017 - Newsletter n°62 - www.parlerdesoi.com


Partir change-t-il la donne ?
 
Les poissons rouges, Henri Matisse
 

"Ce n'est pas facile de partir si personne n'attend votre retour."
Francis Dannemark
 
 
Sur le gris du ciel, un toucan trace de son bec orange une douce ligne colorée. L'approche de la pluie affole un nuage de perruches. Tout piaille, tout bruisse. Du jaune, du blanc, du fushia. Sur fond bleu et vert, les fleurs rivalisent de créativité à l'endroit où le relief se rompt et où jaillissent les eaux. Dans l'immensité de la terre à vif, je vis un moment parfait. Sentiment intense d'unité et de paix. Tout pourrait s'arrêter là dans une irrésistible fusion avec l'Univers.
 
Partir est-ce mourir un peu ?
Partir, ne serait-ce qu'un peu plus loin, c'est rompre avec le conditionnement de pensée et de comportement que nous impose notre environnement habituel. Fréquenter en permanence les mêmes lieux, cotoyer les mêmes personnes, ressasser les mêmes idées, nous renvoient à une routine qui, bien que confortable, fait naître des frustrations profondes ou nous empêche de trouver des sorties aux incontournables crises de l'existence. Comme un poisson dans son bocal dont on ne changerait pas l'eau, manquant d'oxygène et condamnés à tourner en rond, notre âme et notre corps ternissent dans l'asphixie de la passion. Partir, c'est mourir aux habitudes qui sclérosent, changer l'eau et le bocal, retrouver le goût puissant de la vie.
 
Partir est-ce fuir ?
Où qu'on aille, on emporte son monde avec soi. Les paysages les plus fascinants ne pénètreront jamais de leur chaude lumière la carapace qui cache nos misères. On ne peut pas fuir ses problèmes ; ils nous rattrapent toujours. Ils attendent le bon moment.  Pour en finir avec une limite, il faut s'y attaquer. Parfois c'est plus facile d'agir loin des témoins habituels, dans une eau qui renvoie des reflets différents, un air moins viscié, un horizon plus large. Partir c'est laisser tomber le masque qu'on porte pour s'adapter à une société donnée et s'autoriser à vivre à visage découvert. Evidemment, on peut aussi choisir d'en porter un autre...
 
Partir pour aller à la rencontre de soi
Certaines personnes font le tour du monde comme on fait un tour sur soi-même. Enivrées, elles oublient leur monde intérieur : leur histoire, leurs émotions, leurs déceptions, leurs peurs... Un soulagement certes mais pas un changement. En fait, on ne rencontre rien ni personne quand on n'a pas rencontré le pire et le meilleur de soi. Quand on s'est mis à nu, on ne cherche plus désespérement en l'Autre un sauveur, quelqu'un qui nous augmente, qui nous valide, qui nous distrait de nos angoisses. On peut s'ouvrir en confiance au monde, s'enrichir de sa beauté, dépasser sa cruauté. Vivre selon sa loi.
 
Partir un peu est le plus souvent salutaire. Il ne faut pourtant rien en attendre. Juste faire l'expérience de l'éloignement. Se laisser surprendre par l'inconnu qui émerge en soi. Se réjouir de ce que la distance révèle de précieux : les étincelles de notre monde ancien.
 
 

 


 
Nathalie Vogelsinger-Martinez
Coaching Online  
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