Frédéric NOY photographe
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Newsletter #3 - septembre / september 2011                                              derniers reportages   latest stories
Lost in revolution                                          Monde Magazine  Lybie, l'exode des travailleurs noirs africains 
Avant l'insurrection, 2.5 millions d'étrangers travaillaient en Libye. Mi-mars, 250.000 ont fui le pays. Des milliers de travailleurs noirs manquent à l'appel. Ayant vécu plusieurs années en Afrique, je me souviens d'amis me montrant la photo d'un frère, d'un cousin, d'un père parti « chez Ghadafi » pour travailler. Le combat livré par des mercenaires africains à Benghazi, la présentation au tribunal d'hommes à la peau sombre soupçonnés d'être des soldats de fortune, des cadavres de subsahariens non-réclamés à la morgue inquiètent les travailleurs africains et préoccupent le HCR qui écrit alors : «Nous entendons un grand nombre de compte-rendus à propos de menaces et de discrimination sur la base de la couleur de la peau à travers tout le pays.» Un sombre élan taraude-t-il les combattants de la liberté ?
Before Libyan insurrection, 2,5 millions foreigners were working in Libya. Mid-march, 250,000 have fled the country. Several thousands of black workers are missing. Having lived several years in Africa, I remember friends showing me the picture of a brother, a cousin, a father who “left for Gaddafi’s country” to work. The last-ditch stand of African mercenaries in Benghazi, the presentation in court of coloured men suspected to be hired for war, unclaimed bodies of subsaharan in the morgue worry African workers while HCR, concerned, writes: “We hear many reports about threats and discrimination based on the colour of the skin, throughout the country.”  Does a dark impetus pass through freedom’s fighters mind ?
 
 Survivre à la Haute Mer  Surviving the High Seas
  Des milliers de personnes, principalement venues d'Afrique subsaharienne, prennent la mer sur des bateaux surchargés et vétustes, pour échapper à la guerre en Libye. Leur destination : l'île italienne de villégiature de Lampedusa à 600 kilomètres au nord, perdue en Méditerranée. Beaucoup de passagers arrivent traumatisés et épuisés par le voyage de plusieurs jours en haute mer. Un migrant ivoirien décrit sa vie à Tripoli : «Il n'y avait pas de paix. Des coups de feu claquaient dans tous les coins. Puis les bombardements de l'OTAN ont commencé. Nous n'avions rien à manger. Des Libyens ont commencé à attaquer les étrangers, la nuit, pour leur voler leur argent, leur téléphone portable, tout ce qu'ils avaient... Il n'y avait pas moyen de rester là-bas. Il valait mieux fuir. » Le HCR estime qu'une personne sur 10 meurt durant la traversée.
Thousands of people, mainly subsaharan Africans, are taking to the sea in ancient, leaky and overcrowded boats to escape war in Libya. The destination of choice: the Italian resort island of Lampedusa, some 600 kilometers north, in the Mediterranean. Many of the passengers arrive traumatized and exhausted from the high seas journey. One Ivorian migrant describes life in Tripoli: "There was no peace. There was rifle fire everywhere. Then NATO started to bomb. We had nothing to eat. Some Libyans started to attack strangers at night, to steal your money, your mobile, whatever you have... No way to stay there. Better to flee." UNHCR estimates that one in ten people die during the sea journey.
 
Un père au cœur maternel  A father with mother's heart             La Croix  Un prêtre pour l'Humanité
Le père Amédée Ekeurbé, prêtre catholique de 36 ans, est responsable d'une paroisse de 63 villages dans le sud du Tchad, un des pays les plus pauvres de la planète. Recevant mensuellement un maigre pécule, il vit près de ces paroissiens, à Deli, bourgade de 15 000 habitants, dans un presbytère sans eau courante, sans électricité. Sur sa moto, il rayonne sur un territoire de 70 kilomètres qu'il « évangélise les mains vides », « Père au coeur maternel » selon un séminariste qui le connait bien. Hanté par des scènes de lynchage dont il fut témoin durant la guerre civile de 1979, sollicité inlassablement par des fidèles baignant dans la misère, éreinté par les messes célébrées au fil des jours dans de lointaines et invraisemblables églises, le prêtre confronte sa foi aux profondeurs d'un pays qui peine à se rappeler à Dieu.
Father Amedee Ekeurbe, 36 years-old priest is in a charge of a parish of 63 villages in southern Chad, one of the poorest countries in the world. Getting a meagre monthly allowance, he lives closed to his parishioners, in Deli, a market city numbering 15.000 inhabitants, in a presbytery without running water or electricity. On his motorbike, he holds sway over a 70 kilometers territory long, "evangelizing with empty hands", "Father with a mother's heart" according to a seminarist who knows him very well. Haunted by lynching that he witnessed during the 1979 civil war, approached tirelessly by faithfuls shrouding in misery, wearing himself out with services celebrated day after day in remote and barely looking-like churches, the priest confronts his faith to the depths of a country which struggles hard to remind God of its existence.