La LETTRE D'ETUDES FISCALES INTERNATIONALES
DECEMBRE  2017    
 
LE BLOG FRANCAIS  DE LA FISCALITE INTERNATIONALE                          N 1 DECEMBRE   2017 
 
 
DISCOURS SUR LA VERTU par Me JEAN DENIS BREDIN ,
 membre de l'Académie Française 

Les lettres fiscales d'EFI
Pour lire les  tribunes antérieures  cliquer

 
Pour placer dans votre dossier 'les lettres d'EFI" sur votre bureau
 
 
 
Que se passe t il donc
 
L’ordonnance n° 2016-1635 du 1er décembre 2016 renforçant le dispositif français des tracfin  les sommes inscrites dans leurs livres ou les opérations portant sur des sommes dont elles savent, soupçonnent ou ont de bonnes raisons de soupçonner qu'elles proviennent d'une infraction passible d'une peine privative de liberté supérieure à un an ou sont liées au financement du terrorisme et augment la vigilance et la surveillance sur chaque résident n’est toujours pas ratifiée
Ce texte n’ a de valeur que celle  d’un decret
Montant moyen d'ISF acquitté en 2016 après plafonnement 
par tranche de patrimoine net taxable
(en milliards d'euros, sauf indication contraire)
Tranche d'imposition
Nombre de redevables
Montant moyen acquitté
Entre 1,3 million d'euros et 2,57 millions d'euros
254 497
4 857 euros
Entre 2,57 millions d'euros et 5 millions d'euros
70 234
15 392 euros
Entre 2,57 millions d'euros et 5 millions d'euros
19 649
41 520 euros
Supérieure à 10 millions d'euros
6 772
134 901 euros
Total
351 152
11 523 euros
 
Source : commission des finances du Sénat (d'après les données de la direction de la législation fiscale
 
 
b) Les dispositions spécifiques aux non-résidents
Les dispositions spécifiques aux non-résidents, qui tendaient en particulier à prévoir des prélèvements forfaitaires non libératoires d'un montant supérieur à ceux applicables aux résidents, sont modifiées dans le sens d'un alignement sur les dispositions applicables aux personnes domiciliées fiscalement en France, ce qui constitue donc une évolution favorable à ces contribuables.
Ainsi, le taux de la retenue à la source sur les revenus de capitaux mobiliers perçus par des personnes physiques non-résidentes, prévu à l'article 187 du code général des impôts, est fixé à 12,8 %, contre des taux antérieurement compris entre 17 % et 30 % (alinéas 206 à 213 du présent article).
Le taux de retenue à la source sur les distributions de plus-values de sociétés de capital-risque aux personnes non domiciliées en France, prévu à l'article 163 quinquies C du code général des impôts (modifié par les alinéas 179 à 182 du présent article), est également aligné sur celui du prélèvement forfaitaire unique et passe donc de 30 % à 12,8 %.
De même, la retenue à la source sur les plus-values de cessions de participations substantielles et de certaines distributions de certains organismes de placement collectif est fixée à 12,8 % contre une imposition antérieure de 45 % (article 244 bis B du code général des impôts modifié par les alinéas 253 à 257 du présent article).
De façon symétrique, lorsque c'est non pas le bénéficiaire du revenu mais le débiteur qui est situé hors du territoire français, le présent article prévoit un alignement sur le régime pour les payeurs situés en France, qu'il s'agisse des produits de placements à revenu fixe ou de gains de cession liés à des contrats d'assurance vie (article 125 D du code général des impôts, modifié par les alinéas 58 à 64 du présent article).
 
 
Répartition des prélèvements pesant sur les revenus du capital en 2010 et 2018
(en %)
 
1910   IR 18%       PRELEVEMENT SOCIAUX  12.1%  TOTAL   30.1%
1918   IR  12,8%   PRELEVEMENT SOCIAUX  17.2%  TOTAL   30%
 
 
 
 
LE FORUM ACTION PUBLIQUE
 
Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a officiellement lancé le Forum de l'Action publique le 24 novembre. Cette consultation impliquant usagers et agents publics, durera trois mois. Elle vise à recueillir les avis des amis d'EFI  qui souhaitent réinventer le service public.
 
 
 
 
Vers une régularisation permanente pour tous???? Le projet de loi dit "ESSOC". 2
FOUQUET L'obligation d'impartialité et de loyauté (mise à jour) 3
Le recours hiérarchique est  une garantie substantielle ( CE 09.11.2015) 3
Prix de transfert : le fisc doit prouver ( CE 29:11:17) 3
Domicile fiscal et retraite au Maroc ( CAA Nancy 19/10/17) 3
CHARGES FINANCIERES :UNE LIBERTE SURVEILLEE.. 4
La LLC du DELAWARE : Danger fiscal par CAA Nancy 16/11/17. 4
Le robot anti fraudeur (arrêté du 14/11/17)  cliquez pour lire. 5
 
 
Vers une régularisation permanente pour tous????
PROJET DE LOI pour un État au service d’une société de confiance,(ESSOC)
 
Un peu d histoire fiscale: c'était  en 1987
Les propositions du rapport Aicardi 1986 pour l'amélioration des rapports entre les citoyens et les administrations fiscales et douanières ont été reprises par la loi n° 86-1317 du 30 décembre 1986 de finances pour 1987 et ce après les émeutes du CIDUNATI
Déjà à l’époque, M. Alain Juppé avait indiqué  que l'allègement du poids de la fiscalité passait à la fois par la diminution de l'impôt et par l'amélioration des procédures fiscales.(cliquez lire page 5) Si le contrôle fiscal dans le cadre d’un système déclaratif est une nécessité démocratique, les pouvoirs des ordonnateurs secondaires que sont les contrôleurs et inspecteurs des impôts doivent être  « surveillés « tant par nos juges que par la hiérarchie et ce afin d’éviter soit la création de petits sheriffs fiscaux locaux (pratique qui existe un peu encore) soit un manquement à l’obligation d’impartialité 
Dans de telles mais peu fréquentes situations, un  recours hiérarchique rapide semble être la meilleure des garanties démocratiques
Rebaptisé « projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance », le texte  sur le droit à l erreur a été  analysé  au conseil des ministres du 27 novembre 
Dans ce texte de 48 articles, les déclarations sociales, fiscales et douanières seront désormais les premières concernées par ce droit à l'erreur, Le Gouvernement a fait le choix de reconnaître un droit à l’erreur générale dans les procédures déclaratives notamment fiscales
 
 
 
 
 
 
Mise à jour novembre 2017 
L’administration doit prouver  le lien de dépendance ET un avantage sans contrepartie 
Il ressort des énonciations de l'arrêt attaqué qu'après avoir jugé établie l'existence d'un lien de dépendance entre la société LM et la société SFS France, la cour a fait supporter à cette dernière le soin de prouver que les commissions et honoraires qu'elle a versés à la société LM avaient eu des contreparties favorables à sa propre exploitation, sans avoir recherché au préalable si l'administration établissait que les prix payés par la société SFS France étaient supérieurs à ceux pratiqués, soit par cette entreprise avec d'autres clients dépourvus de liens de dépendance avec elle, soit par des entreprises similaires exploitées normalement avec des clients dépourvus de liens de dépendance, sans que cet écart ne s'explique par la situation différente de ces clients. En statuant de la sorte, la cour a commis une erreur de droit. 
mise à jour novembre 2016
 
 
Par un arrêt du 19 octobre 2017, la CAA de Nancy confirme la position constante relative  à la qualification du domicile fiscal en France dans l'hypothèse où la majorité des revenus du contribuable sont des pensions de retraites de source française. 
 
 
Considérant qu'il résulte de l'instruction que les sommes versées à M. A...en 2007 et 2008 par la caisse des dépôts retraite des Mines et l'institution de prévoyance " URRPIMMEC " pour 81 644 euros et 63 039 euros ont constitué l'essentiel des revenus du contribuable ; que M. A...reconnaît qu'il a également perçu des revenus fonciers en qualité d'associé de plusieurs sociétés civiles immobilières ; que celui-ci ne fait, en revanche, état d'aucun revenu de source marocaine ; qu'il s'ensuit que M. A...avait, en France, en 2007 et 2008 le centre de ses intérêts économiques ; que M. A...était, par suite, en principe, pour les années en cause, passible de l'impôt sur le revenu en France, à moins qu'il n'établisse son droit à se prévaloir de la qualité de résident marocain, au sens des stipulations de la convention fiscale franco-marocaine susvisée ; 
La CAA de Nancy étudie également le foyer permanent d'habitation du contribuable sur le fondement de la convention fiscale applicable. La définition que la Cour donne de la notion de "foyer permanent d'habitation" semble nouvelle dès lors qu'elle inclut également, dans cette notion, le centre de la vie personnelle du contribuable.
 
Considérant que le foyer permanent d'habitation d'un contribuable constitue le lieu où celui-ci dispose durablement d'une habitation et a le centre de sa vie personnelle
 
 
 
Tableau Récapitulatif des dispositifs encadrant la déductibilité des charges financières
Pour imprimer avec les liens cliquez
 
 
 
La CAA de NANCY vient de rendre une décision d’une grande portée pratique et didactique pour les nombreux clients de notre  professeur Tournesol qui rêvent de diriger en et de France une offshore américaine, britannique ou assimilées ou autres
Par ailleurs ce type de montages est souvent poursuivi pour fraude fiscale 
 
 
 
la société E-Expert LLC, créée le 27 septembre 2005, aux Etats-Unis, dans l'Etat du Delaware, a pour objet d'aider les entreprises étrangères à constituer des dossiers en vue d'obtenir des avantages fiscaux en France, notamment le crédit impôt recherche ;les documents juridiques de la société indiquent que Mme C...en est la dirigeante et que M. C...détient, en novembre 2006, 5 % du capital social de la société ; selon le certificat de création, cette société a le statut de " Limited Liability Company " ; dans ces sociétés, selon le régime général applicable en droit américain, tout en disposant d'un large pouvoir de décision sur les affaires de l'entreprise, les associés n'ont à l'égard des dettes sociales qu'une responsabilité limitée à leurs apports ;
 
 
 
Ciblage automatisé de la fraude fiscale.
.
Patrick Michaud avocat Paris ,ancien inspecteur des finances publiques
24 rue de Madrid 75008 tel 0033143878891 fax 00331 43876065
i