« Les ruptures ont ça de bon qu’on redevient soi-même. »
G.Letarte
Quand vous entendez le mot «rupture », à quoi pensez-vous ?
Pour ma part, incorrigible romantique, je ne peux m’empêcher de convoquer l’image d’un couple qui se sépare, les larmes au bord des yeux, le cœur prêt à s’effondrer et la tête qui ne sait plus penser. Un épisode chaotique où se mêlent colère, rage, désespoir, désir et manque. Puis, la traversée en aveugle d’un désert, étouffant et glacé. Pour un temps seulement puisque rien ne dure.
Cette description certes paroxystique de la rupture traduit cependant le choc qu’elle provoque quelque soit sa nature : rupture d’engagement, de rythme, d’habitude, rupture de compétence… La rupture est le moment précis à partir duquel on bascule dans une réalité inconnue, déstabilisante car certains de nos repères disparaissent. On oscille entre le repli (protection/résignation) et l’agressivité (combat pour survivre ou détruire). C’est également l’acte créateur qui annonce le changement dont on ignore encore si ce sera pour le meilleur ou pour le pire. Mieux vaut croire à l’abondance.
On ne peut pas éviter les ruptures. Elles font partie de la réalité humaine puisque notre univers fonctionne avec des cycles, un début et une fin, des hauts et des bas. Eviter les montagnes russes semble être une bonne indication pour minimiser les dégâts de la rupture : de l’amour mais point trop de passion, de l’engagement plutôt que de la dévotion, de la flexibilité plutôt qu'une organisation rigide. Mais, accepter la nécessité du deuil est sûrement le chemin le plus sûr pour trouver l’oasis.
« Deuil » est presque un mot-tabou car il nous renvoie à la mort. Qui a envie de se rappeler qu’il faudra mourir un jour même lointain ! Il va pourtant falloir s’entraîner en traversant tous nos deuils : perte de la silhouette idéale, de nos performances physiques, de la régularité de notre succès, de notre croissance, de nos illusions et certains de nos rêves (être danseuse étoile !) … C’est douloureux, non négociable mais nécessaire pour continuer l’aventure avec intérêt.
Selon la psychiatre et psychologue américaine, Elizabeth Kubler Ross, le processus de deuil comprend 6 étapes que chacun vit à son rythme en fonction de la nature du deuil, de l’importance de la perte, de la personnalité de chacun :
Etape 1 : Le choc : « ce n’est pas vrai ! »
Etape 2 : La frustration : « ce n’est pas juste ! »
Etape 3 : La négociation : « si je m’en sors, je ferai…. »
Etape 4 : Le chagrin/douleur/dépression : « C’est vrai, c’est arrivé et je souffre »
Etape 5 : Le réalisme : « j’ai intégré la situation, je mets en place ce qu’il faut »
Etape 6 : La porte de sortie : « c’est vrai, c'est arrivé mais j'ai envie de continuer »
La douleur de la perte fait partie du processus, difficile d’y échapper. Il semble que ce soit le prix à payer pour rester un être humain à la conscience en éveil et à la capacité d’aimer intacte.
« On a beau dire, une rupture, ça libère mais ça déchire aussi, ne serait-ce que la routine. »
B.Vac