Après le 11 janvier 2015…
 
Madame, Monsieur,
 
Mercredi 7 janvier, alors que j’allais vous adresser mes vœux, j’ai reposé mon stylo aussi vite que sont tombés ceux de Charlie-Hebdo, dans un carnage meurtrier. Des assassins endoctrinés et parfaitement conscients de leurs actes ont froidement assassiné des libres penseurs – artistes de talent -, des salariés, des policiers, des citoyens de toutes origines. Leurs complices ont fait écho à l’horreur, assassinant des citoyens parce que juifs.
 
En apnée, nous avons, par millions, retenu notre souffle jusqu’à la magnifique marche de dimanche. En France comme à l’étranger, des consciences innombrables se sont levées pour dire que la violence fanatique ne l’emportera pas sur la liberté d’opinion et le droit de les exprimer. Les voix et les dessins qui dénoncent toutes les formes de pouvoirs économiques, politiques et religieux ne s’éteindront pas, ne s’effaceront pas. Dans chaque commune de France, on a clamé notre fierté d’être un peuple à la fois riche d’une grande diversité culturelle et indivisible. Il le fallait. Il le faudra.
 
Car les temps qui s’annoncent vont se remplir d’intelligences, de raison et d’amour mais aussi de toutes les noirceurs : rancoeurs identitaires, tentations liberticides, vexations…
 
Plus que jamais notre modèle doit rester laïc c’est –à-dire accueillant pareillement les consciences athées et les croyances religieuses.
 
Plus que jamais l’école et les adultes doivent enseigner et expliquer l’égalité, vacciner contre les peurs islamophobes, les haines antisémites et toute forme de fantasmes religieux.
 
Plus que jamais les responsables politiques doivent bannir les flatteries populistes fondées sur l’obsession de l’ordre et l’identité.
 
En une ou deux générations, si nous nous en donnons vraiment les moyens, la France peut guérir ses blessures. Elles sont nombreuses, mais le remède est plus fort : l’égalité, l’égalité réelle. L’égalité des identités mais aussi l’égalité des conditions. Car il n’est de République sociale possible que si tous les enfants savent qu’ils peuvent être, qu’ils seront libres d’être soi et égaux aux autres. Politiquement et économiquement. Là est le plus difficile, là est le plus important. Et c’est alors que la fraternité s’épanouit.
 
La France, pays européen et méditerranéen, qui n’a aucun complexe avec l’athéisme, dont une partie de l’histoire a épousé les christianismes catholique et protestant et qui compte aujourd’hui le plus de juifs et de musulmans d’Europe a incontestablement un formidable défi à relever.
 
Commençons maintenant. En cherchant dans cette direction, nous ferons vivre Charlie-Hebdo…
 
Vous souhaitant des jours heureux.
 
Pouria Amirshahi
Hors de France aussi, ils ont marché
Dans toute la circonscription, d’Abidjan à Alger, en passant par Tunis et Rabat les habitants, français ou non, ont aussi participé aux hommages et au combat pour la liberté
A la mémoire de...
Frédéric Boisseau
Philippe Braham
Franck Brinsolaro
Jean Cabut, dit Cabu
Elsa Cayat
Stéphane Charbonnier, dit Charb
Yohan Cohen
Yoav Hattab
Philippe Honoré, dit Honoré
Clarissa Jean-Philippe
Bernard Maris
Ahmed Merabet
Mustapha Ourrad
Michel Renaud
François-Michel Saada
Bernard Verlhac, dit Tignous
Georges Wolinski
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